Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Quelle stratégie adopter ?
Contributeurs :

CR de la réunion de la Section 15e Garibaldi (Paris)                                     15/03/2018

Thème « Quelle stratégie adopter ? »

20 présents, dont 1 nouvel adhérent et 1 sympatisant, compagnon de route de longue date de la section.

 

Nous ne sommes pas dans la préparation d’un congrès ‘de plus’. Il nous faut retrouver une identité, et ceci dans un contexte sans précédent, un temps de ruptures de nature anthropologiques - avec un rejet des partis qui sont cependant les seuls à effectuer des synthèse, -une volonté des citoyens de décider mais accompagnée d’une délégation de pouvoir, - de nouvelles formes d’exploitation, mais pas pires qu’avant – une mondialisation qui ne se réduit pas à celle des marchés et n’affecte pas le politique mais le social, repositionne le local et favorise des luttes transnationales comme la lutte des femmes…Un contexte de guerre, idéologique, économique, et politique brutale menée par le grand capital financier avec l’appui du gouvernement Macron, qui n’a, face à lui, que des forces de transformation divisées, éparpillées.

Cela nécessite de la part des communistes un vaste mouvement de réflexion, d’analyse et aussi de créativité car ‘nous sommes à la croisée des chemins’. Et cela nécessite aussi un bilan, plus de moyen terme que de court terme, plus de l’activité du Parti et de son efficacité, que de celle de sa seule direction.

Réfléchir sur la stratégie à adopter par notre Parti, qui ne soit plus en zig-zag et illisible, c’est déterminer comment mener au 21ème siècle, dans le monde qui est le nôtre (celui de la mondialisation et de la numérisation/robotisation notamment), et le contexte idéologique, social et politique actuel, le combat communiste pour notre visée, le dépassement du capitalisme, ou encore, comment construire au jour le jour, et en actes, la réappropriation sociale.

Pour certains d’entre nous il faut, avant tout, définir la société pour laquelle nous nous battons, bien définir où on va. Mais comment ? En n’ayant recours qu’à l’imagination créatrice en chambre, ou en partant des aspirations populaires, en prenant le pouls de l’opinion, en co-construisant avec la population ?

Pour d’autres, il faut d’abord accompagner les gens dans les luttes, faire de la mobilisation populaire une question centrale, en assumant notre identité, en mobilisant ce qui fait notre force, à savoir s’appuyer sur le peuple, répondre à l’exigence démocratique, et mener le combat de classe.

Cela suppose de se sortir des calendriers électoraux, de la tenaille institutionnelle, et de l’empilage de campagnes de sommet, pour se saisir de tel chantier de transformation fondamentalement subversif pour le capital et marquer des points. Se concentrer sur les luttes, en être partie prenante en les jugeant sur leur contenu et non sur les acteurs, pour apprécier leurs potentialités et améliorer l’efficacité de notre activité, apprendre des autres, se faire comprendre, nourrir les débats, être générateur de lien social comme dans la lutte des cheminots.

Pourtant, soulève un camarade, dans la guerre de mouvements dans laquelle nous sommes plongés, ne faut-il pas plutôt, comme le propose P. Laurent « mieux articuler le temps long de nos perspectives de dépassement du capitalisme et des luttes qui mettent en œuvre ces logiques, et le temps court du quinquennat et des échéances électorales qui le scandent ».

Marquer des points dans le processus de dépassement du capitalisme suppose de rassembler largement dans les luttes mais également dans les urnes. Mais sur quelle base ? sur des perspectives crédibles de changement, c’est à dire des propositions fortes construites avec les citoyens eux-mêmes, en associant à rassemblement citoyenneté, avec en transversal le commun et en en finissant avec le vertical. Donc pas seulement un rassemblement anti-libéral ou derrière un candidat aux présidentielles.

Ne faut-il pas cependant prendre une initiative politique pour montrer que nous sommes unitaires  et ainsi ouvrir une perspective réelle de changement? soulève un camarade. S’affirmer comme Parti de gouvernement et pas simplement parti d’opposition, suffira-t-il cependant à créer cette perspective, en conduisant automatiquement d’autres forces de transformation à se proposer comme partenaires, comme le croit un autre ? et sur quelle base, pour mener quelle politique ?

Ne faut-il pas surtout, dans la période actuelle, s’attacher en priorité à faire du commun le mode de vie du rassemblement et à articuler une véritable démocratie représentative avec une démocratie directe, citoyenne ? Ce qui pose la question des initiatives à prendre pour lever l’hypothèque de la présidentialisation exacerbée du régime.

Le rassemblement c’est avant tout la mise en mouvement. Elle passe par les luttes, l’unité du salariat qui est loin d’être acquise, la dénonciation de la contradiction des intérêts entre consommateurs et producteurs, mise en avant et entretenue, alors que chaque actif est à la fois l’un et l’autre. Elle passe aussi par l’éducation populaire que le Parti devrait mieux prendre en charge. Mais cela pose la question de notre renforcement. Or notre parti est trop censitaire.

 

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