Amendements - Congrès PCF

SUPPRIMER , REECRIRE ET MODIFIER CHAP I pp6_7
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Un parcours dans le temps beaucoup plus long s’impose ; la chute de notre influence politique ne date pas de 2012 « Le Front de gauche avait à son origine toutes les données pour réussir. Et ses débuts furent très prometteurs, ne serait-ce que par l’ébullition à laquelle il donna naissance dans nombre de secteurs de la société en mettant ensemble des composantes militantes très diverses, politiques, syndicalistes et associatives; c’est cette ébullition qui aboutit à l’écriture du Programme « l’Humain d’Abord » et à la campagne très offensive qui s’ensuivit. La première question à laquelle on doit répondre est de savoir : « réussir quoi ? ». Le dénominateur commun dans cette expérience était l’abandon du libéralisme; c’était la suite logique de l’expérience avortée des Collectifs Antilibéraux; dans ce cadre, des mesures visant de premiers pas pour libérer la société de l’étau de la logique du capitalisme étaient prévues; elles ne constituaient pas l’essence du Front de Gauche. Non seulement elles n’en constituaient pas l’essence, mais elles s’estompèrent rapidement. La question du capitalisme, de sa mise en cause déterminée n’était à aucun moment majoritaire chez nos compatriotes de gauche; "antilibéralisme oui, s’extraire du capitalisme, non". Le PS, loin d’être discrédité à cette époque, rajoutait une composante essentielle dans cette conception qui finit par l’emporter. Ce fut l’effet « Discours du Bourget ». Le contenu politique de l’Humain d’Abord fut pris en tenailles entre deux contradictions fondamentales: la première tenait au fait que la campagne était « prise dans les institutions » : le présidentialisme joua à plein régime d’autant que Jean-Luc Mélenchon appuya cette dimension de façon extrême. La seconde était due au fait que dans l’esprit de nos compatriotes de gauche, « changer était simple ». Ce n’était pas la première fois qu’on rencontrait cet obstacle; une fois le Programme constitué, l’appropriation de masse de son contenu transformateur passa à l’arrière-plan ; l’ébullition initiale disparut. Dans les conditions d’une crise de systéme qui commençait à prendre une tournure dramatique, tournure qui n’existait pas au moment du Programme Commun de Gouvernement, cet obstacle fut déterminant et permit à Jean-Luc Mélenchon de s’en libérer quasi totalement. Ainsi ce n’est nullement parce que le programme lui -même n’était « pas à la hauteur », que l’expérience finit par un échec. Tout dépend fondamentalement de l’appropriation populaire, de l’effervescence que cette appropriation libère. Pour cela, il fallait du temps et une activité politique qui ne pouvait reposer exclusivement que sur le PCF et son corps militant; aucune des autres composantes du FG ne pouvait songer à s’y consacrer: c’était le cadet de leurs soucis. Ce n’est pas davantage « l’alliance au sommet limitée au Plus Petit Dénominateur Commun » qui est en cause. De telles alliances quel que soit leur contenu politique de gauche sont et seront incontournables. Les partenaires possibles et disponibles n’entendent pas et n’entendront pas se faire tordre le bras .Notre conception du, des rassemblements à construire intègre l’idée -qui historiquement n’est pas nouvelle -, de stratégies différentes, voire opposées au sein de ceux-ci. Pour que ces rassemblements à vocation majoritaire puissent avoir un caractère durable et conduire à des succès, le PCF n’entend ni y faire prévaloir son point de vue , ses analyses et encore moins rassembler autour de lui, mais contribuer à des choix politiques aussi élevés que possible par le débat d’idées poussé dans la société ; il ne s’attribue aucun rôle prééminent, a abandonné toute idée de parti-guide, ne prétend pas avoir la réponse à toutes les questions mais il n’abdique à aucun moment de son initiative propre . Le PCF souhaite ainsi instiller à gauche une culture qui soit celle du respect réciproque de toutes les sensibilités politiques et sociales, entre toutes les forces disponibles. Les logiques d’affrontement à gauche ont fait la preuve de leur incapacité à transformer le monde réel. Ainsi, pour que des expériences nouvelles puissent avoir chance de succès, sans le garantir – cette « garantie » n’existe pas- il faut un PCF infiniment plus à même de travailler en temps réel les contradictions du mouvement progressiste et révolutionnaire. » VOTE : pour 6, contre 0, abstention 3

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